Pro Roma Mariana

Fátima e a Paixão da Igreja

L’ACCUSATION CATHOLIQUE CONTRE LES «PAPES  DE VATICAN 2»

Apostasia

PRM

Chaque fois que dans la chrétienté a surgi une suspicion d’hérésie ou de schisme susceptible de rompre la continuité de la transmission de la Révélation du Père en Jésus-Christ qui l’a confiée aux Apôtres, les fils de l’Eglise réagirent, sans exclure l’accusation d’un pape suspect de favoriser ou d’encourager des déviations hérétiques ou de provoquer des innovations contraires à la doctrine catholique.

Pour formuler cette très grave accusation contre ceux qui occupèrent et occupent la Chaire de saint Pierre depuis la fin de 1958, il faut avant tout s’assurer de la licéité d’une telle démarche, en la fondant rigoureusement sur la Doctrine catholique et la Loi de l’Eglise de Jésus-Christ et en la confirmant par l’Histoire ecclésiastique.

Ainsi que nous le verrons, le premier élément de réponse est que si l’accusation concerne l’intégrité et la pureté des vérités révélées par le divin Rédempteur, raison pour laquelle il institua l’Eglise et lui confia la mission de les transmettre, non seulement cette accusation est licite mais elle est juste et sainte.

Jésus-Christ est la Tête invisible de l’Eglise, les papes en sont la tête visible, et à ce titre, ils jouissent sous certaines conditions de l’infaillibilité en matière de Foi et de Morale. Ces dernières doivent se vivre dans la vie familiale, sociale et politique et exigent par conséquent des options humaines. L’Eglise et le pape sont par conséquent engagés à préserver la Tradition qui enseigne sur la fin et l’ordre dans la société et, de là, sur la fin de la vie de l’homme. Cette double fin, l’une d’ordre spirituel, l’autre d’ordre temporel, est la direction religieuse pour vivre en suivant la pensée droite que donne la Foi en la vérité enseignée par le Sauveur.

Tout consacré devrait penser à la réponse qu’il donnera à l’heure de sa mort, lorsque le Seigneur lui demandera : « Qu’as-tu fait de ta grâce sacerdotale ou épiscopale si, par ton silence, tu as contribué à détruire l’Eglise en complicité avec les forces du mal ? »

Pour résister aux attaques, il faut juger les nouveautés destructrices à la lumière de la Foi et de la Tradition. Et, pour réagir à ces maux, il faut arracher leurs masques aux faux christs et aux faux prophètes qui sont les promoteurs de ces perfides nouveautés, lesquelles sont dissimulées dans leurs écrits, discours et initiatives, par des ambigüités et des ruses rédactionnelles qui ont d’ailleurs été suffisamment dénoncées et réfutées durant ces derniers 50 ans de combat. Certes, parmi les défenseurs de l’orthodoxie, il y eut de continuelles hésitations, retours en arrière, dus à diverses influences libérales et à une fausse vertu de prudence.  Cependant, d’année en année, surtout à partir de la première cérémonie interreligieuse blasphématoire d’Assise, en 1986, les yeux de plusieurs se sont ouverts et la résistance prit un sens plus clair et ferme. Mgr Lefebvre conclut sa dernière conférence aux séminaristes d’Ecône, quelques semaines avant sa mort (11 février 1991), en affirmant : « La situation de l’Eglise est plus grave que s’il s’agissait de la perte de la foi ? C’est la mise en place d’une autre religion, avec d’autres principes qui ne sont pas catholiques[1] ».

Pour cette raison, la christologie orthodoxe sur la nature et la volonté de Jésus-Christ, transmise à travers la Tradition écrite et orale, est le fondement de l’ordre moral. Cette foi évangélique conditionne la validité de l’élection du successeur de saint Pierre et celle de son gouvernement, en vue de la recherche du bien commun et du bien suprême des âmes.

Notre-Seigneur a promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient point contre l’Eglise fondée sur l’indéfectible profession de foi de Pierre, en disant « Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux (Matt., 16, 18). »

Les portes de l’enfer ne prévaudront donc point contre ce qui, dans l’Eglise, vient de Dieu : l’autorité fondée sur la Parole divine.

Que signifient les portes de l’enfer ? Le terme « porte » est employé traditionnellement comme pouvoir. Dans les temps modernes, on trouve encore le terme « Sublime Porte » pour désigner le gouvernement du sultan des Turcs. Dans ce sens, le Seigneur oppose donc l’invincible pouvoir de l’Eglise au pouvoir de l’enfer. Et grâce à cette parole, on sait ce qui identifie Pierre et ses successeurs, parce qu’aucun homme n’a de soi le pouvoir de l’indéfectibilité ou de l’infaillibilité ; tout au contraire, les hommes sont faillibles parce que leurs intelligences sont plus ou moins profondément blessées depuis le péché originel.

Par conséquent, l’indéfectibilité est le signe par lequel Dieu confirme l’autorité de son Pontife devant les hommes.

La Porte et les clés sont des mots utilisés dans un sens si important dans l’Evangile que Jésus lui-même a dit être « la porte (Jn. X, 7) ». Et dans la Catena Aurea, il y a ce commentaire de saint Augustin : « Etre pasteur, Jésus l’a concédé aux siens, mais être la porte, Il ne l’a concédé à aucun de nous : Il se l’est réservé à Lui seul[2]. » Maintenant la même parole qui indique ce qui fait entrer dans la compréhension de la Parole, indique ce qui en fait sortir (Mat. 16, 18) : les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle.

Ici on parle de la pierre sur laquelle est bâtie l’Eglise : Le Christ que Pierre a confessé (saint Jérôme). La porte donne l’accès de la Parole de Dieu aux hommes. Où serait-elle, avec ses clés, plus que dans la conscience des hommes ? Et dans la société chrétienne, l’Eglise qui la transmet n’existerait pas ? L’idée opposée est celle d’une Eglise dont les portes sont grandes ouvertes, non pour irradier l’Evangile mais pour faire pénétrer des opinions et idéologies émergeant de forces sulfureuses qui plongent le monde dans l’erreur, le mensonge et les ténèbres.

Voilà précisément l’ouverture réalisée par Angelo Roncalli (Jean XXIII) et Vatican II, au nom de la liberté de conscience. La liberté de la conscience de s’ouvrir à la vérité de la Parole devient le droit des idées mondaines à franchir librement la porte des consciences. Ainsi, la porte devient le puits de l’abîme ! Un « pape » qui ouvre la porte à l’hérésie peut-il être reconnu par Dieu ? Pour les catholiques, le pape légitime est celui qui reçoit les clés pour leur ouvrir le royaume de Dieu.

Dans l’histoire, nous avons l’exemple de l’accusation du pape Libère par les saints Pères : « Sanctus Hilarius illi anathema dixit : Anathema tibi a me dictum, Liberi, et sociis tuis [3]» ; St Jérôme, quant à lui, le jugea : « In hæretica provitate subscribens », « ad subscriptionem hæreseos[4] » Egalement saint Eusèbe : « Cœpit declarare Liberium hæreticum.[5] »

Ces accusations furent un témoignage fort qui préserva la foi au temps de plusieurs hérésies favorables à des politiques de caractère arien et de convenance œcuméniste.

Au temps du pape Honorius 1er, le patriarche Sergius diffusa l’hérésie monothélite sur la volonté de Jésus une avec celle de son Père, par laquelle tout ce qu’il a fait dépendait de la seule volonté divine. C’était un très grave attentat contre la Foi en le mystère théandrique de l’Incarnation du Verbe, vrai Dieu et vrai homme[6]. Honorius se fit complice de cet attentat, en dépit d’œuvres dignes et de sa lutte si zélée contre les intrigues juives, qu’il mérita l’épitaphe : Judiacæ gentis sub te est perfidia victa sic unum Domini reddis ovile pium. Pour cela, saint Robert Bellarmin a dédié plusieurs pages de son Controversarium de Summo Pontifice[7]. Mais le même saint Robert affirme : « Le VIIIe Concile œcuménique tout entier était de la pensée qu’en cas d’hérésie le pape pouvait être jugé. »

Le cas de l’hérésie du pape Honorius ne peut pas troubler la question de l’autorité dans l’Eglise si on reste guidé par la Foi, et en ne faisant pas acception des charges ou des personnes apparemment les plus dignes[8].

Imaginons l’horreur qu’auraient causée aux saints Pères les énormes déviations et scandales des « papes de vaticandeux  » et des autres faux « princes de l’Eglise » [9]. Ces derniers entretiennent précisément la confusion autour du dogme de l’infaillibilité pontificale liée à cette charge, défini par le Concile du Vatican en 1870, qui, pour le faire, a nécessairement analysé méticuleusement le cas du pape Honorius.

La conclusion porte sur la comptabilité des deux réalités, dans les limites que le Concile a déclarées pour l’infaillibilité papale[10]. Pourtant aujourd’hui, beaucoup de fidèles et même des théologiens, imaginant un conflit entre ce dogme et l’hérésie d’Honorius, se battent pour nier ou déformer l’une ou l’autre de ces deux réalités, et souvent pour l’appliquer à l’inverse. Ici on veut reprendre les données de la question pour arriver à une conclusion qui servira à éclaircir la situation ecclésiale présente.

La première donnée, historique, est la condamnation d’Honorius pour hérésie par le VIe Concile œcuménique, renouvelée par le Synode in trullo de 692[11], par le VIIIe Concile général[12] et par le VIIIe[13]. Cette condamnation d’Honorius par le VIe Concile, que le Pape Léon II confirma en mettant l’accent sur la trahison de la foi, entra même dans le Liber diurnus. Depuis lors, chaque pape, après son élection, devait condamner les auteurs de cette hérésie monothélite « en même temps qu’Honorius qui favorisa leurs erreurs ». Le Liber pontificalis et le Bréviaire Romain citaient aussi la condamnation, au deuxième nocturne de la fête du Pape saint Léon II.

La deuxième donnée est que le cas de l’hérésie d’Honorius est en dehors des limites de l’infaillibilité du Pontife Romain, telle que définie (a posteriori) par le Concile du Vatican. Il faut rappeler que ce Concile a fondé la définition de l’infaillibilité papale sur l’interprétation de la prière de Jésus-Christ : « J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu te seras ressaisi, affermis tes frères (Lc. 22, 32). » Aucun théologien catholique ne met en doute que cette prière signifie que les successeurs de Pierre seront indéfectibles dans la foi. Cela par une assurance qui vient du Seigneur, exprimée dans la première partie de la phrase, parce que l’exégèse du passage de saint Luc a été faite par ce Concile et regarde la personne du pape dans ses déclarations ex cathedra. Il ne s’agit donc pas ici d’opinions. Au contraire, il est juste et nécessaire d’appliquer le passage cité ci-dessus uniquement aux enseignements pontificaux qui impliquent l’infaillibilité. De nombreux théologiens considèrent qu’il n’y a pas dans ce passage d’éléments permettant de conclure que l’indéfectibilité de la foi du pape postule aussi la confirmation des frères. Expliquons ce point.

En fait, la deuxième partie de la phrase fait entendre ce qui dépend de la fidélité de l’homme faillible : « et toi quand tu seras ressaisi ». C’est alors à l’homme, assuré dans la foi et aussi ressaisi dans sa fidélité, que le Seigneur a dit : « affermis tes frères », Ce qui dépend de Dieu, la foi, est assuré ; ce qui dépend des hommes, la fidélité et l’amour du mandat divin, n’est pas sûr, parce que Dieu ne fait pas violence à la liberté humaine[14]. Ces limites ont été confirmées par Pie IX dans sa Lettre Mirabilis illa constantia du 4 mars 1875 et dans son Allocution au Consistoire le 15 du même mois, en louant sur la matière les termes de la lettre collective des évêques d’Allemagne et  de Suisse.

Le cas des lettres d’Honorius au Patriarche Sergius, qui n’utilise pas l’autorité pontificale ex cathedra pour traiter de la grave question du monothélisme, est dans ces limites, comme il a été vérifié. Il est vrai que ces lettres traitant d’une question de foi, étaient des actes publics du Pontife romain et, même sans confirmer la doctrine catholique sur les deux volontés de Jésus-Christ, elles pourraient sembler relever de l’autorité papale. Dans ces lettres, Honorius n’imposait pas ses idées mais préconisait le silence sur la question, sans tenir compte de ce qui avait déjà été clarifié par les Pères de l’Eglise (Saints Athanase, Ephrem, Cyrille de Jérusalem, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome, Cyrille d’Alexandrie, Ambroise de Milan). Avec un langage ambigu, Honorius acceptait les raisons opposées et écrivait à Sergius : « non oportet prædicare definientes… non definire ». Honorius ne soutenait donc pas la foi toujours crue dans l’Eglise, il  abusait de l’autorité de la chaire pontificale au motif d’un opportunisme politique conditionné par la peur de déplaire à l’Empereur Héraclius, dans une période de césaropapisme[15].

Le fait est que ce malheureux pape préféra ne pas confirmer la foi, ce qui lui était assuré par la prière de Jésus-Christ et constituait l’objet premier de son devoir. Voilà où on peut voir placé le cas de sa haute trahison de la Foi par une grave ambigüité.  Le résultat fut que, quelque temps après, l’empereur Héraclius fit publier la lettre « Echtésis pisteos » pour mettre d’accord la foi catholique et les idées monothélites dans un credo œcuménique ; ce document fut rédigé par Sergius qui s’appuyait aussi sur les lettres reçues d’Honorius.

Ensuite, le IIIe Concile œcuménique déclara avoir analysé les épitres dogmatiques du Patriarche Sergius, ainsi qu’une lettre écrite par Honorius à ce même Patriarche et, « ayant constaté qu’elles sont en  total désaccord avec les dogmes catholiques et les définitions des saints conciles, et de tous les Pères dignes d’approbation, et qu’au contraire elles suivent les fausses doctrines des hérétiques,  nous les rejetons absolument et les exécrons car elles sont nuisibles pour les âmes[16]. »

Après avoir frappé d’anathème les principaux hérésiarques monothélites  (DS. 551), le Concile condamna Honorius : « Nous estimons que, en même qu’eux, Honorius, précédemment pape de Rome, a été également rejeté de la sainte Eglise catholique de Dieu et anathématisé, car nous avons pu constater par les écrits qu’il a envoyés à Serge, qu’il avait adopté la pensée de ce dernier en toute chose et confirmé ses principes impies[17]. »

Le Concile a estimé le cas d’Honorius avec des termes de condamnation qui sont ceux d’une anathématisation pour hérésie.

Le Pape saint Léon II approuva le IIIConcile de Constantinople, condamnant Honorius, avec d’autres écrits, pour avoir seulement favorisé l’hérésie : « Nous frappons également d’anathème les créateurs de cette nouvelle erreur : Serge, Théodore, évêque de Pharan, Cyr d’Alexandrie, Pyrrhon […] et aussi Honorius, qui n’éclaira pas cette Eglise apostolique avec la doctrine de la tradition apostolique, mais permit, par une trahison sacrilège, que la foi immaculée fut souillée[18].» Et, par une lettre aux évêques d’Espagne, ce pape déclare qu’Honorius a été condamné car « il n’éteignit pas, comme il appartenait pourtant à son autorité apostolique, la flamme naissante de l’hérésie, mais il l’entretint par sa négligence[19]. » Et encore, dans une lettre à Ervige, roi d’Espagne, saint Léon II répétait que, avec les hérésiarques mentionnés, était condamné « Honorius de Rome, qui consentit à ce que fut souillée la foi sans tache de la tradition apostolique reçue de ses prédécesseurs[20]. »

Plus de deux siècles après la mort d’Honorius, le pape Adrien II lui aussi, dans son discours au VIIIe Concile œcuménique, disait : « Nous lisons que le pontife romain a toujours jugé les chefs de toutes les Eglises (patriarches et évêques) ; mais nous ne voyons nulle part que quiconque l’ait jamais jugé, lui. Il est vrai que, après sa mort, Honorius fut frappé d’anathème par les Orientaux ; mais il ne faut pas oublier qu’il était accusé d’hérésie, seul crime qui rend légitime la résistance des inférieurs envers les supérieurs, ainsi que le refus de leurs doctrines pernicieuses[21]. »

Voilà une déclaration pontificale admettant qu’un pape peut-être jugé s’il est compromis en des doctrines impliquant l’hérésie.

A ce point, il faut considérer la question admise par l’Eglise : la possibilité qu’un pape puisse être jugé pour avoir sombré dans l’hérésie. Or, ici, même si les Papes, les Pères et les théologiens admettent ce jugement d’un pape pour hérésie, il faut comprendre que cette question ne coïncide pas exactement avec celle de l’existence d’un pape hérétique : il peut s’agir d’un hérétique élu pape par ignorance ou malice des cardinaux.

Etant considéré comme contraire à l’indéfectibilité de la foi assurée au pape par la prière du Seigneur, selon ce qu’a écrit saint Luc : « Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères (22, 32) », le premier cas, pour beaucoup de théologiens, ne dépasse pas le domaine des hypothèses.

À ce propos, le cardinal Billot dit : « L’hypothèse est admise. Mais il apparaît comme beaucoup plus probable que cette hypothèse est une pure hypothèse, jamais réalisable ».

Si la défaillance dans la foi d’un vrai pape est un sujet de pure hypothèse, ce n’est pas le cas du pape Honorius, à cause de sa grande trahison de la foi, comme il a été démontré par son anathématisation, et reconnu après sa mort être hors de l’Eglise et, pour cette raison, a posteriori, virtuellement privé de ses prérogatives, tout en demeurant sur le siège de Pierre[22].

Alors, ce qui doit s’appliquer à saint Pierre et à tous ses successeurs, ainsi que l’atteste la voix de la Tradition, c’est la continuité dans la fidélité à la foi pure et intégrale.

Dans la question des « investitures » ecclésiastiques, l’Empereur Henri V, pour extorquer des concessions incompatibles avec la Loi de l’Eglise, fit prisonnier le pontife Pascal II, lequel lui céda. Le Pape demeura longtemps dans l’hésitation avant d’excommunier le tyran par annulation des actes concédés sous coaction. Ce que voyant, des cardinaux et des évêques se rebellèrent et menacèrent de refuser l’obédience due au Pape. Parmi ces saints défenseurs de l’Eglise, se trouvaient saint Bruno de Segni, Geoffroy d’Amiens, Hugues de Grenoble et Guide de Vienne, futur Pape Calixte II. Ils en arrivèrent au point de convoquer un synode sans le pape accusé d’éloigner les fidèles de la communion dans l’obéissance au Christ et devenu le complice des persécuteurs qui voulaient adapter l’Eglise à leur pouvoir. Pascal II céda aux saints, reconnaissant que, dans le cas contraire, il aurait été déchu de la Chaire pontificale.

Sur ce cas nous possédons le Decretum de saint Yves de Chartres : « Huius (i.e.papæ) culpas istic redarguere præsumit mortalium nullus, quia cunctos ipse iudicaturus a nemine est iudicandus nisi deprehendatur a fide devius – Aucun mortel ne peut juger un pape… sauf si celui-ci dévie en questions de foi »[23].

Que dire si celui qui occupe la Chaire de Pierre proclame le « droit » universel à la liberté de dévier de la foi, de la dénaturer, de la détruire ? Il est de notoriété publique que les papes de la secte de Vatican II justifient même des erreurs et hérésies condamnées par les Papes et Conciles antérieurs au funeste Vatican II, y compris le socialisme, le libéralisme, le modernisme, l’œcuménisme, l’illuminisme maçonnique !

La question extrême : l’hérésie proclamée depuis la Chaire de  saint Pierre.

Ici se place la question suivante : Et si un sujet hétérodoxe, en l’occurrence acquis aux hérésies de Vatican II, était élu pape par l’ignorance ou la malice des électeurs ? Comment Dieu donnerait-il l’autorité pour la fonction propre d’affermir la Foi dans le peuple à un tel élu qui manquerait lui-même de cette Foi catholique ; qui prônerait le modernisme condamné par saint Pie X ; qui justifierait même le communisme athée déclaré l’ennemi de l’Eglise par Pie XI et malgré la grande affliction des chrétiens persécutés par cette idéologie [24]? C’est le cas des « papes » de la secte de Vatican II ?

La Loi de l’Eglise peut-elle être absente justement dans ce cas qui relève de la défense de la Foi et même de la survivance de l’organisme divino-humain institué par la Passion et la mort du Fils de Dieu ? Quel document de la Loi de l’Eglise peut-il le mieux nous guider sur ce Droit dérivé du dessein de Dieu pour le salut des hommes dans l’intégrité de la Foi révélée ? Le cas d’Honorius étant exemplaire, il servira de base à notre réflexion. Un attentat contre la Foi, avec la complicité de celui qui devait être son principal défenseur, le Pontife romain (Honorius), peut-il être imputable au fait qu’il avait perdu la Foi malgré la prière de Jésus ?

C’est ici que le catholique du rang, aussi bien qu’un théologien comme saint Robert Bellarmin, Docteur de l’Eglise, se trouvent devant un cas obscur, et pour cause : l’autorité ecclésiastique qui perd la Foi se met ipso facto (par le fait même) en dehors de l’Eglise par la propre identité et constitution de celle-ci (celui qui n’est pas, ou plus membre de l’Eglise, ne peut en être la tête). Le cardinal Billot dit qu’on peut admettre l’hypothèse qu’un pape puisse devenir notoirement hérétique, mais alors il faut dire sans hésiter qu’il perdrait ipso facto le pouvoir pontifical parce que, par sa propre volonté il se serait retranché lui-même du corps de l’Eglise[25].

[1] Mgr Lefebvre n’a pas su ou pas pu tirer l’inéluctable et évidente conséquence de son constat : une nouvelle religion, avec de nouveaux prêtres et avec des principes anticatholiques signifie une nouvelle Eglise non catholique, une fausse Eglise, dont on doit se retrancher si l’on ne veut pas mettre son salut en péril.

[2] Notre-Dame est aussi invoquée sous le nom de Porte du ciel, Jànua Cæli, mais par participation.

[3] Denziger-Schnmetzer 141, sigle Denz.-Sch., ou Ds.

[4] Kirch 630-663.

[5] Kirch, 1050.

[6] Concile du Latran, sous Martin 1er, 649 : « Si quelqu’un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, deux volontés intimement unies du seul et même Christ Dieu, la divine et l’humaine, puisque, par l’une et par l’autre de ses natures, il a opéré naturellement notre salut, qu’il soit condamné. » (Dumeige, 341, p. 209 et Denz., 263. Voir également Dumeige/Denz., 312 /144 ; 342-347/ 264-269 ; 359/291 ; 360/292).

[7] Voir Opera omnia, tome II, Ed. Vivés, in 8°, pp. 101a, 108.

[8] Le VIe Concile œcuménique a condamné le pape Honorius : « Quia in omnibus eius mentem secutus est et impia dogmata confirmavit » (DS 552). Ce fut confirmé par le Pape Léon II : « Hanc Ecclesiam non apostolicæ traditionis doctrina lustravit, sed, profana, proditione (pro traditione) immaculatam fidem (dari permittendo) subvertere conatus est (DS 563). Et aussi dans une lettre aux évêques espagnols : « Qui flammam hæretici dogmatis non, ut decuit apostolicam auctoritatem extinxit, sed negligendo conforvit ».

[9] Voir Ezéchiel XXXIV et le blâme de Notre-Dame de la Salette aux prêtres et aux Princes de l’Eglise.

[10] Pour défendre la légitimité des « papes de Vatican II », lesquels dénaturent, corrompent, détruisent la Foi catholique depuis cinquante ans, la Fraternité SSPX prétend qu’ils refusent d’utiliser le charisme de l’infaillibilité. La vérité est, qu’étant de faux papes, ils ne possèdent aucune des prérogatives concédées à Pierre et à ses successeurs.

[11] Mansi, 11, 938. Selon certains historiens,  ce synode  aurait été convoqué par l’empereur Justinien sans l’approbation du pape Sergius II.

[12] Ibid., 13,  377.

[13] Ibid., 16n 181.

[14] Ce sujet, capital pour ne pas opposer l’indéfectibilité promise à l’Eglise et la défaillance universelle présente de la hiérarchie, a été traité dans le même sens par Maurice Canioni dans son livre Dieu sera servi et glorifié.

[15] Dans son Histoire générale de l’Eglise (tome III, page 112, note 1), Fernand Mouret écrit : « On doit admettre en somme, avec Héfélé (Histoire des Conciles, t. III, p. 42), que le pape Honorius, dans un document qui d’ailleurs n’avait pas la portée d’une définition dogmatique, n’a exprimé aucune doctrine hétérodoxe et que « ce serait une injustice de l’accuser d’hérésie ». Mais « une préoccupation trop constante de conserver la paix, jointe à un défaut de clarté, lui ont fait rejeter la véritable expression orthodoxe et l’ont amené par la même à favoriser l’hérésie ». Dès lors il s’exposait à être qualifié plus tard d’hérétique ; le mot hérétique n’était point alors réservé à ceux qui avaient enseigné l’hérésie, mais était appliqué à tous ceux qui, directement ou indirectement, d’une manière plus ou moins occasionnelle, avaient pu contribuer à la naissance ou à la propagation d’une hérésie ou d’un schisme. »

[16] DS, 550.

Le point de la double volonté en Notre-Seigneur avait été clarifié par les saints Pères et universellement cru dans l’Eglise. Le monothélisme, déjà condamné par Jean IV en 641, le fut à nouveau par cinq cents évêques d’Italie et d’Afrique, réunis par Martin 1er au Concile du Latran en 649.

[17] Dz-Sch. 552.

[18] Ibid., 563.

[19] Ibid., 561.

[20] Ibid., 561.

[21] Adrien II, Alloc. 111, Lecta in Conc. VIII°, cité par Billot, Tract de Eccl. Christi, tome 1, p. 611.

[22] Indéfectibilité et hypothèse irréalisable ne seraient pas contredites par une simple et brève défaillance qui pourrait s’expliquer par des informations défectueuses, par de mauvais conseils, par de violentes pressions, mais dans le cas d’une grave trahison avec pertinacité, il y aurait lieu de mettre en cause la légitimité de l’élu, l’hérésie ne pouvant être proclamée ni ex cathedra ni au détriment du magistère ordinaire universel. L’auteur va montrer que la seule explication valable est l’élection d’un hérétique.

[23] Dublanchy, Dictionnaire de Théologie Catholique.

[24] Le communisme a fait plusieurs dizaines de millions de mort.

Pie XI : «  Le premier péril, le plus grand et le plus général, est certainement le communisme sous toutes ses formes et à tous les degrés, car il menace tout, s’empare de tout, s’infiltre partout, ouvertement ou sournoisement : la dignité individuelle, la sainteté de la famille, l’ordre et la sûreté de la société et surtout la religion, allant jusqu’à la négation ouverte de Dieu, et plus spécialement la religion catholique. (Discours de l’inauguration internationale de la presse catholique au Vatican, le 12 mai 1936.).

[25] C’est tout de même un subtil jeu de l’esprit de soutenir qu’un pape puisse devenir notoirement hérétique et en même temps que cela ne peut être qu’une hypothèse irréalisable.

 

Continuer avec le titre:  II – UNE ENIGME APPARENT: hérésie D’UN  PAPE OU “PAPE Hérétique”?

 

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Uma resposta para “L’ACCUSATION CATHOLIQUE CONTRE LES «PAPES  DE VATICAN 2»

  1. angela dezembro 19, 2016 às 3:02 pm

    Possono i cardinali del conclave 1958 essere complici di aver eletto un antipapa? Penso di sì. Possono essere complici di un inganno? Sì.Può Lefevbre che parla di NUOVA religione essere complice di questo scempio? Sì. Manovra a tenaglia, da un lato i modernisti con la linea antipapi, dall’altra una illusoria resistenza, un piano cioè perfetto e diabolico. Può però essere che un Papa distrugga la Chiesa come avviene da Roncalli in poi? No, quindi è verosimile che sia stato eletto un Papa, e sia stato ECLISSATO (La Salette), e poi sia stata instaurata una linea parallela fasulla di antipapi che arriva ai giorni nostri. Chi non entra dalla Porta o è ladro o brigante, la Porta è Gesù, la Roccia è Gesù e Pietro è la roccia sulla Roccia per cui quando si fa una religione nuova non si usa della Porta né della Roccia e manco della roccia. Non si usa delle chiavi ovvero della giurisdizione, missio e sessio. Può la Porta far entrare l’errore? No. Può la Chiesa far entrare l’errore? No. Può un Papa far entrare l’errore di una nuova religione? No. La Chiesa è SANTA, è DIVINA. Semplicemente un papa che fa ciò è ANTIpapa, seppure dichiarato dopo la morte. Ho pregato che la TUA fede non venga meno, non prevarrano….. quindi NON è Pietro ove prevale, ove la fede viene meno. Possono avere avuto i cardinali la malizia … ?sembra di poter dire che l’hanno fatto, l’hanno avuta e perciò hanno aggravato la propria posizione facendosi negli anni ulteriormente complici col silenzio. Ricattabili. In sintesi Il PAPA può essere eretico, pur se mezzo papa? No, se ciò fosse decade. O NON è mai stato Papa. Propendo per la seconda per quanto riesco a capire. Può essere la sede vacante? NO, Gesù dice ” a te darò le chiavi e IO SONO con voi fino ALLA FINE del mondo e non prevalebunt….”. Perché ci sia la Chiesa ci vuole il Papa o la Chiesa cessa ma la Chiesa non può cessare perché è Gesù a dire che non accadrà. Allora il Papa è un altro, eclissato. Che ci siano una sacco di scismi è evidente da tutte le opinioni difese come dogmi come tra i protestanti. Se si cerca la verità si può lavorare per ciò: un concilio imperfetto? Come Costanza. Per il restauro del Papato e del Papa vero.

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